« Agit comme une adulte! »

« Être au pair, ce n’est pas compliqué »… si vous êtes au pair, vous avez déjà entendu cette phrase au moins une fois et malheureusement pour nous, les gens se trompent parce que :

  • On est considéré comme un adulte vu que l’on s’occupe d’enfants et que c’est notre job mais…
  • On a aussi un statut d’adolescent voire de jeunes adultes si on a de la chance puisque l’on vit sous le même toit que des gens qui « sont responsables de nous ».

Voici la complexité de notre situation! Aussi bien adulte sous surveillance, infantilisé mais qui doit quand même être responsable.

Indépendante mais pas trop…

En signant pour devenir au pair, je ne m’étais jamais demandée si ma host family allait me faire confiance ou si j’allais pouvoir sortir comme je le voulais ou même si je pouvais prendre la voiture pour aller faire quelques courses dans le supermarché du coin.

Avant mon départ, j’avais 21 ans, un appartement à partager avec une coloc (géniale) dans une ville étudiante, une voiture dont je pouvais me servir comme bon me semble et des parents qui ont une totale confiance en moi, je pensais que ça allait être exactement la même chose ici, à part pour la voiture sachant qu’elle ne m’appartient pas.

FAUX! 

Depuis que je vis à Houston, j’ai appris à demander l’autorisation de sortir à chaque fois que je veux me rendre quelque part (même si c’est seulement pour aller au supermarché du coin) et encore plus si je veux emprunter une des voitures.

Si je veux sortir, retrouver mes amis ou mon copain le soir, je demande également l’autorisation de sortir… on ne sait jamais si j’ai besoin de bosser au dernier moment ou si je ne peux pas prendre la voiture parce qu’elle doit être déposée au garage le lendemain.

Un jour, j’ai reçu un message de mon host  m’expliquant que j’avais embarqué le pass parking de ma host et qu’à cause de moi (je l’ai pris comme ça même s’il ne l’a pas dit clairement), elle allait devoir payer son parking plus cher le lendemain parce que j’avais pris la mauvaise voiture. Sorry but not sorry!

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Imaginez juste ce type de situations et comparez-les à votre vie (d’avant) que vous meniez en France, c’est totalement fou et perturbant. Et encore, je n’avais que 21 ans mais certaines personnes partent quand elles ont 24 voire 25 ans, elles avaient un métier, un appartement, un copain (ou copine) pour certaines d’entre elles et elles ont décidées de tout quitter pour vivre cette expérience (qui peut être bonne ou mauvaise). Néanmoins, on ne s’attend pas forcément à ça quand on signe : ce manque d’indépendance.

De plus, si vous connaissez des enfants (je n’ai aucun doute là-dessus), la plupart d’entre eux sont plutôt curieux et surtout ma host kid, elle aime savoir ce que je fais, où je vais, avec qui et surtout pourquoi. J’ai donc appris à mes dépens qu’une enfant de 8 ans peut me surveiller et me demander plus d’informations que mes propres parents. Si elle avait un portable, elle serait capable de me harceler de messages à chaque fois que je quitte la maison. Malgré ça, je l’aime quand même (enfin, j’ai besoin d’y réfléchir encore un peu!).

				Une au pair qui veut vous dire la vérité.
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Une au pair qui vous dira la vérité

Laissez-moi me présenter.

Je m’appelle Rozene, j’ai 22 ans et je suis française. A la base, je suis étudiante en psychologie mais ça fait plus d’un an que j’ai arrêté mes études et que je vis à Houston, au Texas… et vous vous demandez pourquoi je suppose? Figurez-vous que je suis une au pair.

 

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Je sais, je ne suis pas photogénique (c’est le cas depuis ma naissance) mais au moins, vous pouvez mettre un visage sur mon prénom 🙂

 

C’est quoi une au pair?

Si je peux vous rassurer, je n’en avais aucune idée avant d’en rencontrer une. C’est une personne qui pour la plupart du temps est une jeune fille qui va se rendre dans un pays étranger pour s’occuper d’enfants mais ce n’est pas tout… puisque nous ne faisons pas juste du baby-sitting, nous vivons H24 avec la famille. Je suis logée, nourrie, blanchie par ma famille d’accueil, qui dans mon cas est américaine. Mais certain(e)s d’entre nous sont à l’autre bout du monde comme en Australie, ou tout simplement en Europe. Je vous épargne toutes les conditions à nos contrats, croyez-moi ce n’est pas très intéressant… enfin, peut-être que j’y reviendrais de temps en temps sur mes prochains articles.

Pourquoi je suis devenue une au pair?

Alors là, très bonne question. J’avais besoin de voir autre chose et de souffler un peu, j’en avais marre de me lever tous les jours pour aller en cours, rentrer à mon appartement, rédiger mes dossiers de psychologie et dormir. Je pense que pas mal de personnes qui font des études supérieures sont dans mon cas mais je ne pouvais pas juste continuer et attendre encore deux ans pour finalement avoir un Master et rentrer directement dans le monde du travail donc j’ai décidé de partir une année en tant qu’au pair aux USA pour faire un break et revenir bilingue (ce qui est censé m’aider pour mon retour et ma reprise d’études l’année prochaine) … mais première déception! Non, je ne me considère pas du tout mais du tout comme bilingue même si je peux me débrouiller seule dans la campagne perdue des USA face à des américains, c’est déjà ça.

Pourquoi j’écris ce « blog »?

Je vais vous dire la vérité, toute la vérité, pas seulement les bons côtés. Je dois vous avouer que depuis mon arrivée aux USA le 1er août 2016, j’ai envie d’écrire un blog sur ma vie ici mais je ne savais pas vraiment ce que je voulais y raconter. Je pense que je n’avais pas assez de recul par rapport à ma situation d’au pair. Vous me direz qu’aujourd’hui, c’est sûrement la même chose. C’est possible mais ça fait quand même plus d’un an que je suis là et le bilan de ma première année est riche en émotions, déceptions, surprises, découvertes, etc.

Et c’est vrai, je ne suis sûrement pas la première au pair à écrire un blog et sûrement pas la dernière non plus mais si mon histoire peut donner envie à des futur(e)s au pairs de sauter le pas, aider certain(e)s au pairs en détresse, permettre aux gens de comprendre notre « métier » ou juste m’aider moi, c’est avec plaisir que je le fais.

Sur ces derniers mots, je vous dis à la prochaine pour de nouveaux articles!